Toucher Terre # 8 – La bonne fréquence

Emily Glory

Semaine du 23 au 29 mars 2020 ~

La bonne fréquence

Une émission à écouter en confinement, dédiée à celles et ceux qui n’ont pas de petit coin de jardin. Grâce à nos associations partenaires et aux richesses de la nature, respirez, vous êtes sur la bonne fréquence 🙂 .

Au sommaire ce mois-ci :
– Sylvain Garbar et Tony Chevalier, gardes-animateurs pour l’antenne eurélienne du Conservatoire d’Espaces Naturels Centre – Val de Loire, présentent le dispositif Fréquence Grenouille, une opération du Conservatoire pour mettre en lumière les zones humides et leurs fragiles écosystèmes. Tour d’horizon des habitant des rivières, des marais, des étangs, des tourbières et des mares, en attendant de pouvoir les découvrir sur le terrain avec nos gardes-animateurs préférés !
– Nathan Martin, qui effectue actuellement son service civique au sein de l’association Eure-et-Loir Nature, nous propose de découvrir les organismes fascinants que sont les lichens, résultat d’une subtile symbiose. Vous ne les regarderez plus jamais comme avant 🙂 !
(Lichens corticoles)
– Interview du réalisateur Basile Gerbaud enregistrée au Festival International du Film Ornithologique de Ménigoute à l’automne dernier. Il présentait hors-sélection son film documentaire intitulé « Le cas du castor ». Tourné en partie en région Centre – Val de Loire, il s’intéresse à la réintroduction de cet ingénieux ingénieur des zones humides et aux défis qu’elle implique en matière de cohabitation avec l’homme. Qu’on se le dise, le castor européen fait son grand retour dans nos cours d’eau !
Basile Gerbaud (Photo DR)
– Grâce à la Ligue de Protection des Oiseaux, à la Salamandre et à l’Agence Régionale de Biodiversité, vivez un confinement 100% nature ! Elles ne sont pas les seules,  bien sûr, à proposer des idées créatives, ludiques et pédagogiques, mais celles-ci vont déjà bien vous occuper :
Au cours de cette émission et pour la conclure, vous avez pu entendre deux extraits d’albums de Jean-Claude Roché, célèbre bioacousticien.
« Concert dans un marais », extrait de l’album Mares & Marais (Alter Ego Music – 1999)
– plusieurs extraits de l’album La vie secrète des pâturages (Alter Ego Music – 2010), avec, par ordre d’apparition : l’alouette des champs, la caille des blés, le busard cendré, le faisan de colchide, les moineaux soulcies, la perdrix grise, le bruant proyer, les guêpiers d’Europe, le chardonneret élégant, la pie-grièche écorcheur, le rougegorge, les faucons crécerelles, la fauvette grisette, la mésange bleue et la fauvette à tête noire.
Simon vous a lu deux textes du poète italien Camillo Sbarbaro, passionné par les lichens. Ces textes issus des recueils Copeaux et Feux Follets, publiés aux éditions Clémence Hiver.
Les voici :
« Le lichen prospère de la région des nuages aux grèves éclaboussées d’embruns. Il escalade les cimes ou nul autre végétal n’a de prise. Le désert ne le décourage pas ; le glacier ne saurait l’expulser ; pas plus que les tropiques ou le cercle polaire. Il défie l’obscurité de la caverne et se risque dans le cratère du volcan. Il ne craint que le voisinage de l’homme.
En raison de sa misanthropie, la ville est la seule barrière qui l’arrête. Si malgré tout il la franchit, c’est pour aller prendre l’air en haut des clochers, à moins de perdre avec la santé sa particulière physionomie.
Stérile et maussade, le lichen urbain suffoque. La respiration humaine le pollue. A Rome pour trouver un lichen reconnaissable, il faut grimper sur la coupole de Saint-Pierre. »
« Le lichen est le plus multiforme des végétaux. Koerber se fit des illusions lorsqu’il prétendit les enrégimenter sous les dénominations de croûteux, de feuillus et d’arborescents. Combien de significations ces adjectifs ne sont ils pas obligés d’accueillir pour embrasser tant bien que mal le polymorphisme des lichens !
Quantité d’entre eux forment des toits de tuiles imbriquées ; voire des pavements : dalles triangulaires, pentagonales, polygonales. D’autres simulent des Voies lactées, des systèmes stellaires. D’autres encore, suspendus aux branches, évoquent des barbes, des crinières d’équidés ou des chevelures absaloniennes.
Une entière tribu, les Graphidées, tapisse d’écritures indéchiffrables les supports qu’elle choisit : caractères minuscules ou majuscules, incrustés ou en relief : linéaires, fourchus, chinois, cunéiformes.
D’autres, les Calicées, à peine visibles à l’œil nu, révèlent sous la loupe des paysages foudroyés, apocalyptiques ; où des cobras se dressent et fument comme des tripodes par l’entonnoir qui leur sert de tête.
Le lichen imite toutes sortes d’objets et produits manufacturés: encaustiques, marqueteries, mosaïques; feutres et bysses ; boucles et ardillons, coupes, massues, casques, pavois, clous ; allumettes ; rubans, filets, éventails ; cuirs imprimés ; velours et dentelles au fuseau.
On dirait qu’il se compose, en totalité ou en partie, de substances les plus disparates ; amidon et farine ; laine et pourpre ; or, soufre et cire à cacheter ; éponge, liège et anthracite ; parchemin et gutta-percha.
Il y a le lichen ruche ; le lichen labyrinthe ou madrépore ; le lichen banc d’huîtres ou banc de corail. Des lichens en forme de fougères, en forme de poulpes aux innombrables ventouses. Certains ont tout l’air d’une sphère, d’un trapèze, d’un mûron, d’une espingole de brigand.
L’Encepbalograpba cerebrina, son nom l’indique, ressemble à un petit cerveau. »
Rendez-vous le mois prochain dans Toucher Terre 🙂 !

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Titre / Radio Grand Ciel
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