
Adam, Ève et le serpent dans le jardin d’Eden, Pierre Paul Rubens
Dans le mythe chrétien de la Genèse, la sortie de l’Eden – en l’occurrence de l’enfance – passe par la consommation de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal : cela semble ouvrir aux malheurs, mais n’est-ce pas avant tout la condition incontournable de l’adulte responsable ? L’enfant Mowgli doit affronter le serpent Kaa et le tigre Shere Khan, l’Enfant Sauvage ne semble nullement heureux.
Par ailleurs, on se méfie d’un érudit qui pourrait paraitre tristounet ou l’on craint l’hubris d’un savant fou (Dr Folamour, Frankenstein). Hermione, l’amie d’Harry Potter, est rapidement agaçante et pourrait gâcher le quotidien ! L’école dispense un savoir et n’est pas une institution apprenant à acquérir la joie spinozienne. Connaissance et bonheur ne semblent pas si liées.

Pourtant, une forme de savoir protège, l’expérience rend prudent et autonome donc élargit le champ de conscience ; elles renseignent peut-être sur les conditions du bonheur et y pourraient y inviter en même temps. L’ignorant semble instinctif, aisément manipulable, vivant dans l’illusion d’un monde sans ombre. Mais l’humain n’est en même temps pas omniscient et doit donc trouver son bonheur malgré tout ce qu’il ne connaît pas. L’ignorance est aussi parfois temporairement consolatrice : ne jamais penser à la mort peut nous faire croire qu’elle n’existe pas.
Sacha Sur 6 décembre 2023 à 8 h 49 min
Woauh !