
Wang Wei
Se mettre à l’écoute de la poésie et de la musique chinoise ne demande pas d’effort particulier. Malgré la distance géographique et les 13 siècles qui nous séparent de Wang Wei, son expérience humaine, sa quête d’une vie accordée au rythme de l’univers, de la nature, sa soif de quiétude loin du brouhaha de la cité des hommes, en fait notre contemporain. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Ce sentiment de communion avec un poète tel que Wang Wei, aussi profond soit-il, ne doit pas nous faire oublier tout ce qui d’autre part nous éloigne.
C’est dans cette tension même que réside toute la richesse de la relation. Un écart bien plus bénéfique à explorer qu’un vague et confus sentiment de familiarité.

Wang Wei, le plein du vide (ed. Moudaren)
Il serait bien au-delà de mes compétences de prétendre expliquer ou commenter la musique et la poésie chinoises de l’époque Tang. Du contexte historique celui des révoltes, des coups d’état, des relations sociales, des modes de pensée confucianistes, taoïstes ou bouddhistes, mes vues sont tellement superficielles et parcellaires qu’il n’en sortirait que de la confusion.
Je laisserai donc l’éminent sinologue François Jullien évoquer pour nous la musique chinoise, musique aux antipodes de la conception occidentale, en citant quelques passages choisies de son livre « Éloge de la fadeur, à partir de la pensée et de l’esthétique de la Chine. »
Ecouter le podcast (30 min)

Eloge de la fadeur, de François Jullien